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  • : La Société d'Emulation de l'Ain, fondée en 1755 puis refondée en 1783, est une des plus anciennes sociétés savantes de France. Toujours active, elle publie annuellement les Nouvelles Annales de l'Ain.
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Mercredi 8 février 2006 3 08 /02 /Fév /2006 14:40

L’exécuteur des Hautes Œuvres : Le Bourreau

par Jérôme Croyet,

docteur en Histoire, bibliothécaire de la Société d'Emulation de l'Ain

 

            Jusqu’au XIIe siècle les bourreaux n’existent pas. D’après les recherches inédites de Grégory Marguin, des Archives Départementales de l’Ain, il est désormais possible de connaître un peu mieux nos bourreaux. Les premières traces des bourreaux de l’Ain apparaissent en 1344 siècle à Gex, où il est dénommé « Carnacier ». A ce moment, toutes les communautés n’ont pas de bourreaux et si le besoin s’en fait sentir, le bourreau se déplace, tel en 1368, où le « Carnacier » de St Oyon se rend à Billat pour pendre un dénommé Robert le Diable. A partir de 1396, la justice du bailli de Bourg se dote d’un bourreau qui est aidé de serviteurs. En 1475, le bourreau de Bourg est Jean de Loup. A Châtillon les Dombes, en 1519, le bourreau est maître Pierre Couchelin. Si maître Jean le Loup officie beaucoup à Bourg, il parcours la Bresse, brûlant, pendant, décapitant, fustigeant, fouettant, étranglant, coupant et exposant là où sa présence est nécessaire. Outre le bûcher, les chaînes, les crochets, le doloir, le sel, les cordes et les fourches sont ses outils de travails, et comme tout bon ouvrier, il est payé à la pièce. De 1468 à 1509 se sont plus de 20 personnes qui tombent entre ses mains. Toutefois le bourreau, trop considéré devient à son tour délinquant et Jean le Loup, incarcéré « pour ses méfaits » en 1476 est relâché « à condition qu’il continuera à faire toutes les exécutions ».
Par Jérôme Croyet - Publié dans : vivre dans l'Ain
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Mercredi 8 février 2006 3 08 /02 /Fév /2006 14:39

SORCIERS ET SORCIERES DANS L’AIN

Par Jérôme Croyet

Docteur en Histoire, bibliothécaire de la Société d’Emulation de l’Ain

Dès l’Antiquité, l’homme attribue ce qu’il ne peut expliquer à la sorcellerie. C’est au XVe siècle que l’Eglise prend position et nomme des inquisiteurs. S’en suit de 1480 à 1520, avec l’aide de l’autorité royale, une vague de répression surtout en Bresse. A Bourg, dès 1468 et surtout en 1475, des individus sont accusés et jugés par le bailli puis brûlés. Des exécutions ont encore lieu à Bourg en 1499, 1502, 1503, 1507 et 1508. En 1476 et 1477 des sorciers sont poursuivis à Corgenon et de Pont de Vaux. En Bugey, vers 1469, c’est une veuve de St Trivier qui est jugée mais qui parvient s’échapper et à se réfugier en Bourgogne. Les sorciers sont généralement des femmes car leur corps est mal connu des médecins et elles sont réputées être plus sensibles aux appels du diable. Les suppliciés sont brûlés, attachés par des chaînes à un poteau et coiffés d’une mitre. A l’ignorance se joint la vengeance. En effet, l’accusation de sorcellerie est un prétexte pour éliminer quelqu’un de gênant. Ainsi, en 1617, le gouverneur de Bresse, Concini, trop influent, est accusé de sorcellerie par Louis XIII. Elle permet aussi la concussion et les abus de pouvoir : en 1477, l’inquisiteur de la foi, Nicolas Moreny, sévissant en Bresse, est à son tour jugé pour usurpations et extorsions. Dès 1580, la justice seigneuriale prend le relais et poursuit avec encore plus d’acharnement les sorciers jusqu’en 1670. En Franche Comté et en Revermont, elle devient l’exutoire à la guerre, la peste et la famine qui touchent le pays. De 1657 à 1661, des dizaines de personnes sont pourchassées à Verjon, Montrevel, Germagnat, Chavuissia, Chavannes, Tolonjon et Valfin sur Valouse. Certaines d’entres elles, dont la plus jeune a 14 ans, sont brûlées à Dôle, Lons, Chavannes, Rosi et Coligny. Les rares personnes questionnées à l’église des Augustins de St Amour avouent que le malin, qui a pour nom le « Persécutteur », pousse ses victimes à poignarder l’hostie au Sabat. Toutefois, au XVIe siècle, des auteurs mettent en doute la véracité des actes de sorcellerie et au XVIIe, les progrès des sciences la rejettent aux marges de l’ignorance et de la crédulité. En 1682 une ordonnance royale redéfinit les règles de la pratique judiciaire et en 1740 le Dictionnaire de Trévoux enterre la sorcellerie dans la légende et la superstition.

La sorcellerie a été longtemps l’explication religieuse aux croyances païennes. Ces dernières, dans l’Ain étaient nombreuses et variées. Ainsi, afin de faire disparaître les pêchés d’un défunt, il fallait l’enterrer avec des objets usuels. En Bresse, il fallait fêter le serpent à certains jours pour na pas qu’ils pulluent toute l’année. De même, il ne fallait pas détruire les araignées sans quoi les bêtes devenaient boiteuses. Dans l’Ain, une pratique voulait qu’il faille toucher quelque chose de malpropre avant de jouer pour gagner aux jeux.

Les feux de la St Jean en Bugey et Revermont sont hérités du culte purificateur du feu des Ambarres. En Dombes, à Châtillon, un arbre redonnait vigueur aux enfants et aux vieillards tandis que les bois de St Guignefort étaient fréquentés par les jeunes filles cherchant un mari. A Ambronay se trouve, fixé à un pilier de l’église, un anneau qui retint le Diable tandis qu’à

A ces superstitions sorcelleuses, se joignent des êtres magiques. Ainsi, les abords du lac d’Ambléon sont hantés par la Givre. En Bresse, le cheuchon, esprit malfaisant nocturne, hante les cauchemars. La vouivre, serpent ailé, quant à elle, s’embusquait dans la descente de Matafelon jusqu’à ce qu’elle se réfugie à la source de la Loue. Dans les environs de Bourg, entre Châlles et la forêts de Seillon, sévissent les sénégougues, esprits volants crieurs qui disparaissent après 1815. Dans le Bugey, entre Agris et Evosges règne le sarvan, bon esprit juste prenant souvent la forme d’un chat noir.
Par Jérôme Croyet - Publié dans : vivre dans l'Ain
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Société d'Emulation de l'Ain, fondée en 1755, refondée en 1783. Reconnue d'utilitée publique en 1829.

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