un fondateur de la S.E.A. : Thomas Riboud

Publié le par Jérôme Croyet

IL Y A 250 ANS NAISSAIT UN MAGISTRAT HUMANISTE :

THOMAS RIBOUD

 par Jérôme Croyet

docteur en Histoire, bibliothécaire de la Société d'Emulation de l'Ain

Thomas Riboud est né le 24 octobre 1755 à Bourg. Il fait ses études au collège des Jésuites de Bourg puis chez les oratoriens à Beaune. Il obtient sa licence de droit à Dijon en 1774 et devient avocat à Lyon. Il y fonde, en 1778, avec Gerson, Geoffroy et Delandine, la Société littéraire de Lyon. C’est sans doute aussi à Lyon qu’il entre dans la franc-maçonnerie et fonde la première loge de Bourg en 1777. De retour dans la capitale bressane, il achète la charge de procureur du roi au bailliage de Bresse en 1779. Il préside ainsi l’ouverture des assemblées du Tiers Etat. Après avoir fondé une société politique en 1782, il récrée la société d’Emulation de l’Ain en 1783 et en devient le secrétaire perpétuel. Cette même année, il est nommé subdélégué de l’intendant de Bourgogne en Bresse. Homme des lumières, il travaille et agit en un émule de Condorcet, ainsi, favorable aux révolutionnaires, il devient le premier procureur syndic général du département en 1790. Elu député de l’Ain à l’Assemblée législative le 1er septembre 1791, il siège avec les Feuillants et se montre favorable aux réformes mais hostile aux mesures prises contre le clergé et les immigrés. Il milite toutefois à la société populaire de Bourg de 1791 à décembre 1794 mais ses prises de positions politiques et son personnage lui valent d’être inscrit sur la liste des suspect, à Bourg, le 22 mars 1793 puis d’être arrêté le 11 janvier 1794. Libéré, il devient juge au tribunal de l’Ain le 17 octobre 1795. Nommé commissaire exécutif du département en décembre 1796 il est destitué après le 4 septembre 1797 car jugé trop proche des royalistes. Il est élu membre du Conseil des Cinq-Cents aux élections du 18 avril 1799. De retour à Bourg après le 18 brumaire, il est professeur d'histoire et de philosophie à l'école centrale de Bourg. Rallié au régime Consulaire, il est nommé, le 27 mai 1800, président du tribunal criminel de l’Ain. Son travail, son zèle et ses connaissances font l’unanimité auprès du Gouvernement : “ ses connaissances étendues dans presque toutes les branches  des sciences utiles, son zèle bien connu pour les intérêts de son département. . .lui donnent sa considération la plus marquée parmi toutes les classes de ses concitoyens. Il est attaché autant par sentiments que par conviction au gouvernement actuel ”. Il est désigné membre du Corps législatif en 1807 où il siège jusqu'en 1814 date à laquelle il rentre à Bourg pour s'occuper d'agriculture et d'histoire. De part ses contacts à Paris, il intervient de nombreuses fois pour aider et promouvoir des personnes de l’Ain et à talents. Président de chambre à la cour impériale de Lyon le 2 avril 1811, il se rallie aux Bourbons sous la première Restauration mais rejoint l’envol de l’Aigle en mai 1815. Président honoraire à la cour royale de Lyon le 25 octobre 1815, il se retire à Jasseron et se consacre à ses travaux historiques et littéraires. Il décède à Jasseron le 6 avril 1835.

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