le 176e RI durant la campagne d'Orient

Publié le par Société d'Emulation de l'Ain

LES POILUS DU 176e RI DURANT LA CAMPAGNE D’ORIENT

par Jérôme Croyet, docteur en histoire, archiviste-adjoint aux A.D. de l’Ain et bibliothécaire de la Société d’Emulation de l’Ain

 

Créé en 1915, avec des soldats venant des dépôts de Rouen, Pau et Montpellier, le 176e RI est caserné à Salon-de-Provence. Il est affecté à la 156e division d’infanterie de mars 1915 à novembre 1918. Le régiment débarque à Sedd-Ul-Bahr le 15 mai 1915. Il combat à la ferme Zimmerman du 30 juin au 12 juillet 1915. Il rembarque à Salonique le 30 septembre 1915. Il est sur le front de Grèce de janvier à mars 1916 puis sur le front d’Orient. A Cugunci en juillet, Lyumnica en août, Verria, Komano, Iokari en septembre, au lac de Prespa de fin 1916 à août 1917. Il combat en Albanie à Progradec et au lac Ochrida en novembre 1917. Il est de retour à Prespa de janvier à août 1918 pour passer en Serbie, au nord de Monastir en septembre 1918. En 1919, le régiment combat les bolchéviques.

            En 1917-1918, les 3e, 4e et 6e escouades du 176e RI sont composées de 10 à 14 fantassins tous armés du fusil Lebel. Tous ont des outils pelle-bêche, pioche, serpe, hache ou cisaille. Leur moyenne d’âge est de 25 ans, le plus jeune étant de la classe 1917 et le plus âgé de la classe 1904. Les trois sections ont un âge moyen régulier : 25 pour la 6e, 26 pour la 3e et 25 pour la 4e. De même dans la section de servants du canon de 37 mm, composée de 8 fantassins armés à 75% de pistolets automatiques et à 37% de fusils Lebel, la moyenne d’âge est de 25 ans. Seule la 12e section, composée de 7 fantassins expérimentés (leur moyenne d’âge est de 27 ans) a un fusil mitrailleur en dotation, porté par le chef d’escouade. Si les agriculteurs sont les plus représentés et à nombre presque égal par section, puisqu’ils comptent comme 44% de l’effectif des 3e, 4e et 6e escouades, les artisans des métiers de la bouche (bouchers, boulangers et meuniers), 21,5%, et les artisans des petits métiers manuels urbains (mouleur, ciseleur, armurier, coiffeur) ne sont pas absents puisqu’ils représentent 17% de l’effectif de ces trois escouades. Les trois cinquième des postes de caporaux de ces trois escouades sont tenus par des artisans.

En 1919, la 15e escouade est formée de deux mitrailleuses. Elle compte 17 hommes originaires de toute la France et non plus d’une région ou d’un département comme en début de guerre. Ainsi on retrouve des hommes de Bourg, Falaise, Saint-Omer, Le Havre, Orléans, Nîmes, Quimper, Carcassonne, Nice, Tours, Narbonne, Le Puy, Ajaccio, Mende ou Pau. Il n’existe pas plusieurs militaires originaires de la même région, sauf deux de Bourg-en-Bresse. Les trois sections de l’escouade ont huit mulets à raison de trois pour les deux pièces et deux pour la troisième section. Les mulets de la première pièce sont La Rouge, Forthomme et Finos. Les mulets de la 2e pièce sont Alphonse, Joséphine et Fanie. Les mulets de la section T.C. sont Santé Misseau et Papillon. Tout les hommes de la 2e section, commandée par Maire, natif de Coligny, sont habillés d’une capote de drap bleu horizon, d’une veste, d’un pantalon avec ses bandes molletières et coiffé d’un bonnet de police. Chaque homme a deux chemises, deux caleçons, une ceinture en flanelle, deux cravates, une paire de chaussettes et une paire de brodequins. Tous ont un ceinturon, un havresac, trois cartouchières, un fusil Lebel avec 56 cartouches. Seul le chef de pièce à des cartouches en plus, jusqu’à 88 alors qu’un seul possède un pistolet automatique, avec 15 cartouches, en dotation. Quatre des six fusils ont un lance-grenades dit tromblon VB. Ils ont tous un bidon, deux musettes, un masque à gaz, une toile de tente et un casque. Seul le chef de pièce a une boîte de graisse et une trousse. La moyenne d’âge de la 1ère section est de 22 ans bien que les conscrits de la classe 1915 soient les plus nombreux. L’âge moyen des poilus de la 2e section est de 23 ans et demi alors que les conscrits de la classe 1916 sont les plus nombreux. Le plus âgé de l’escouade est un conscrit de 1911 et le plus jeune est de la classe 1919, laissant à penser que les bleuets sont de préférences placés dans ce type d’escouade que dans les sections de fantassins. Chacune de ses deux sections a été recomplété à 50% en incorporant des jeunes conscrits, en effet, avant sa réorganisation l’âge moyen de la 2e section était de 24 ans.
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Frédéric 05/12/2009 20:19


Bon organigramme d'un régiment d'infanterie durant la Grande Guerre :) Mes félicitations pour les recherches qu'a effectué l'auteur.