D'Angeville

Publié le par Yann Cruiziat

ADOLPHE D’ANGEVILLE (1796-1856), DEPUTE DE L’AIN

 

Par Yann Cruiziat,

 

Professeur au Lycée de la Plaine de l’Ain à Ambérieu,

 

Professeur au Service Educatif des Archives Départementales de l’Ain

 

Hériter de la famille d’Angeville qui acquit en 1657 la seigneurie de Lompnes, fils de Jean-Baptiste d’Angeville et d’Henriette-Louise Sallier, Adolphe naquit le 1er prairial an IV (20 mai 1796). De 1811 (à l’âge de quinze ans) et jusqu’en 1821, il s’engagea dans la marine miliaire où il participa à deux campagnes, comme officier, aux Indes orientales.

 

Ensuite, il retourna dans son pays natal, à Lompnes, pour se consacrer à l’agriculture. Il fut à l’origine en 1825 de la création de la fruitière (coopérative laitière pour la fabrication de fromages) de Lompnes et participa à sa diffusion en Bugey. En 1827, son père lui confia la gestion du domaine familial de Lompnes composé de 95 hectares de terrain. Il fut le principal instigateur de la diffusion de l’usage de la machine à battre, des prairies artificielles ou de l’amélioration de la qualité des produits …

 

Il fut aussi à l’origine du développement des voies de communications avec la création du chemin des cascades entre Hauteville et Tenay. Il publia de nombreux ouvrages fort remarqués, notamment Essai de statistiques de la population française (1836), qui lui valut le titre de membre correspondant de l’Institut. Cet ouvrage “ jette les bases d’une anthropologie sociale ” selon l’historien Emmanuel Leroy Ladurie. Adolphe d’Angeville fut un des premiers chercheurs à utiliser les statistiques des conscrits (les recrues de l’armée) pour en dégager des indications socio-économiques.

 

Maire de Lompnes de 1826 à 1849, il fut député de l’Ain de 1834 à 1848. De son activité parlementaire, on peut retenir deux propositions de loi : une, en 1840, pour la réduction de 100.000 francs des fonds secrets, qui ne fut pas adoptée ; l’autre, trois ans plus tard, en faveur du développement de l’irrigation, qui, elle, reçut l’assentiment de la chambre des députés.

 

Partisan fidèle du régime de la monarchie de Juillet et de Louis-Philippe Ier, la révolution de 1848 marqua la fin de sa carrière parlementaire. On l’injuria même à Belley en l’accusant d’avoir ramené de Paris neuf millions. Malgré la perte de son mandat de député en 1848 et sa démission de ses fonctions de maire de Lompnes, l’année suivante, il continua une carrière politique en étant conseiller général du canton d’Hauteville de 1848 à sa mort. Il présida même le Conseil Général de l’Ain pendant quelques mois de 1854 à 1855. Il mourut, dans son village natal de Lompnes, le 16 mai 1856, à soixante ans.

 

 

 

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