Napoléon 1er dans l'Ain 1805

Publié le par Jérôme Croyet

La visite de Napoléon à Bourg en avril 1805 :

 

Les préparatifs

par Jérôme Croyet, docteur en histoire, bibliothécaire de la S.E.A.

 

 

            Le passage de Napoléon à Bourg est un des faits marquants de l'histoire locale burgienne. Si il ne s'arrêta qu'une fois dans le chef-lieu du département de l'Ain, il n’honora que deux fois Lyon de sa présence. Le 15 août 1804, Napoléon est sacré Empereur des Français, il ne peut rester président d'Italie. Son idée est d'appeler son frère Joseph au trône d'Italie du Nord. Cette couronne pouvant regrouper les états de la péninsule italienne ainsi que Gênes, Parme, Plaisance, Lucques et l'Etrurie, forme un début d'unité italienne. Mais face aux responsabilités, Joseph refuse le 27 janvier 1805. Napoléon pense alors au fils de son frère Louis puis à Eugène de Beauharnais et enfin à son frère Lucien. Mais c'est lui que se fait couronner, dans l'urgence à Milan, le 26 mai 1805.

 

 

            C'est le 19 février 1805, que le préfet de l'Ain est prévenu de la venue de l'Empereur et de l'Impératrice à Bourg. Dès le 26, la nouvelle se répand dans la cité burgienne par affiches : l'Empereur et sa suite doivent officiellement arriver à Bourg, le 10 avril et repartir pour Lyon le 12. Le 10 mars, le maréchal Duroc confirme la venue impériale. Dès le 11, un détachement de 80 cavaliers de la Garde Impériale arrivent à Bourg afin de sécuriser la ville. Dès lors et jusqu'à la venue de l’Empereur, convergent vers Bourg une foule de solliciteurs et de personnes désirant voir l’auguste personnage.

            Les préparatifs de la venue de Napoléon, outre la mise sur pied d’une Garde d'honneur, sont immenses pour Bourg qui se met en apparat en très peu de temps : on érige un arc de triomphe faubourg de Mâcon sur lequel est inscrit “ au vainqueur de Marengo ” - “ aux grâces de Joséphine ”. A la sortie de Bourg, sur la route de Pont d'Ain, à Brou, on érige des colonnes. On fait venir trois barils de poudre de Pierre-Châtel pour les canons postés sur le Bastion et l’on prépare un bal. Si ces travaux ne posent pas de problèmes, les ennuis apparaissent avec les préparatifs matériels de la présence des souverains. En effet, il faut 6 voitures pour la suite impériales que la ville de Bourg n'a pas. Afin de les procurer, le maire doit en réquisitionner quatre, le 27 mars : deux chez Montburon, une chez Belvey et une chez le général Valette.

 

Les plus gros problèmes d'organisation résident dans le choix du logis impérial. En effet, l'étiquette est très précise notamment concernant les gens de la suite "qui doivent être logés de préférences à toutes autres dans le palais qu'habitent leurs Majestés". Ce logement doit en outre, comporter une salle de réunion, une salle à manger pour les généraux et une autre pour les dames. Dès le 26 février, le problème du "palais impérial" de Bourg est posé : château de Challes ou hôtel de la préfecture. Dans un premier temps, le choix sur porte sur le château de Challes, logement du commandant militaire du département, plus spacieux et bénéficiant de nombreuses écuries pour accueillir l'Empereur. Dès le 2 mars, des petits travaux d'entretiens débutent mais leur importance, pour le remettre en état, est trop grande d'autant plus que le château éloigné de la ville n'est plus habité et ses meubles ont été en grande partie transférés au logement citadin du général Valette. Face à cela, le 3 mars, le maréchal Duroc invite le maire de Bourg à choisir la résidence impériale entre la préfecture, la maison d'un particulier ou les deux. Malgré le manque d'espace de la préfecture, c'est elle qui est choisie.

 

A ces mesures matérielles et protocolaires, se joignent des mesures policières hors normes : le 26 mars, le préfet de l'Ain invite le général commandant le département à accroître les contrôles d'identités et les patrouilles sur les routes, dans les faubourgs et deux fois par jour dans les auberges, cabarets et cafés. De même, toutes les personnes étrangères au département et aux villes où passe le cortège impérial doivent être munies d'un passeport. Ces mesures sont doublées de mesures de police secrètes destinées à surveiller les individus et les papiers.

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