Compte de Pierre de La Balme 1343 - 1344

Publié le par Paul Cattin

Traduction du Compte de Pierre de La Balme

3 janvier 1343 - 6 avril 1344

Arch. dép. Côte d'Or, B 9381

Par Paul Cattin, Archiviste honoraire de l’Ain, membre de la S.E.A.

 Compte du seigneur Pierre de La Balme, chevalier, bailli du Bugey et châtelain de Saint-Germain, des recettes et dépenses faites par lui pour le charroi et la taille des pierres extraites et employées dans les murs de la bâtie nouvelle du Seigneur faite à Rémens sous Saint-Germain, construite et commencée au mois de juillet 1345 et pour la fabrication d'un raffour de chaux employé pour cela, fait tant par le bailli lui-même que par le seigneur Jacques de Clermont, bailli avant lui. Ce compte court du 3 janvier 1343 inclus, jour où il commença à diriger les travaux, au 6 avril 1344, lorsque le charroi prit fin. Ce compte fut reçu à Saint-Germain sur l'ordre du Seigneur et du Comte de Genève son tuteur, le 3 février 1346, par Pierre Moine de Chambéry, clerc du Seigneur. Et il faut savoir que les autres travaux de construction de cette bâtie furent dirigés et gouvernés par Jean de Croso, clerc, qui  en a rendu compte.

Avoine

Le même a rendu compte qu'il a reçu pour les dépenses des chevaux des chars du Seigneur qui ont charrié la pierre extraite,  de Jacques de Clermont bailli avant lui, par la main de Guillaume des Claies son lieutenant ici, le 3 janvier 1343 : 33 quart., 1 bichet d'avoine à la mesure de Saint-Germain. Il a reçu du même pour le même objet, par la main de Jean de Rampon et de Jean Bret, charpentiers : 37 quart. d'avoine à la même mesure. Il a reçu de Guichard Ponsard autrefois châtelain de Lompnes, pour le même objet : 49 boisseaux à la mesure de Lompnes. Il a reçu du nommé Charmillon autrefois mistral de Talissieu, de l'avoine du Seigneur, pour le même objet : 60 boiss. d'avoine à la même mesure. Il a reçu de feu Jean Maréchal alors châtelain de Rossillon, pour le même objet : 20 setiers d'avoine à la mesure de Rossillon. Il a reçu de même du  seigneur Humbert de Corge- non, autrefois châtelain de Lompnes, en 1343 : 80 boiss. d'avoine à la mesure de Lompnes. Il a reçu du même seigneur Humbert, dans le même but, en 1344, en février : 60 boisseaux. à la même mesure. Il a reçu de lui même, en reste de son compte de la châtellenie de Saint-Rambert de 1342 : 17 quartaux d'avoine à la mesure de Saint-Rambert. Il a reçu de lui même des revenus et dépenses de la châtellenie de Saint-Germain, en 1343, des quels il a compté dans son compte de la châtellenie et qui devaient être placés dans son premier compte 130 quartaux d'avoine à la mesure de Saint-Germain. Somme 200 quartaux, 1 bichet d'avoine à la mesure de Saint-Germain, 46 quartaux d'avoine à la mesure de Saint-Rambert, 249 bois.d'avoine à la mesure de Lompnes et 20 setiers d'avoine à la mesure de Rossillon. Des quels il a délivré, pour les dépenses de 7 chevaux du Seigneur qui ont tiré les chars et conduit les pierres, les grosses et les petites, depuis Ambronay et depuis la perrière de Vibetes, jusqu'à Rémens, conduits par Pierre Detrambeis, Jean Detrambeys, le bâtard de Paynete, Jaillet de Rossillon, le nommé Loches de Saint-Germain, Morel de Saint-Germain et le nommé Copiers du même lieu, charretons, à partir  du 3 janvier  1343, jour où le bailli commença à payer les chevaux, et pour la dépense d'un roncin qu' a envoyé là, dans le même, but Sorcel de Mont-Bojon par Perret de Trambeys, le 10 janvier de la même année, et celle d'un autre roncin envoyé là par le Seigneur qui était alors le Comte Aymon, père du Seigneur, le 3 février suivant, jusqu'au 6 mars inclus de la même année, jour où il mourut l'un des chevaux, à ce qu'il dit. De même pour les dépenses des 8 chevaux susdits faites  du 7 mars inclus jusqu'au dernier jour d'avril suivant inclus lorsqu'il mourut un autre des dits chevaux à ce qu'il dit. Et pour les dépenses des sept chevaux restants, faites du 1er mai inclus jusqu'au 11 juillet suivant de la même année lorsqu'il mourut encore un autre des chevaux à ce qu'il dit. Et il donna à chacun des chevaux ou roncins pour chaque (jour) et nuit pendant ce temps 1 bichette et demie d'avoine à la mesure de Saint Germain, en comptant 6 bichettes pour un quartal, 366 quartaux, 1 bichette et demie d'avoine à la mesure de Saint-Germain. Il a donné pour les dépenses des 6 chevaux ou roncins susdits, qui ont travaillé de même du 11 juillet 1343 inclus jusqu'au 21 janvier exclus 1344, à savoir pendant 27 semaines et 5 jours, et c'est alors que le Seigneur prit deux des dits roncins  comme on le voit par la lettre testimoniale du Seigneur et le reçu des roncins daté du 29 du dit mois , qu'il remet. Et pour les dépenses des 4  chevaux restants, faites du 21 janvier de l'année 1344 jusqu'au 6 avril inclus de la même année, jour où il rendit ces 4 chevaux au Seigneur comme on le voit par un autre reçu du Seigneur portant sur ces 4 roncins daté du 7 avril qu'il remet. Et il a donné à chacun des dits roncins une bichette seulement d'avoine par jour parce qu'à cette époque il y avait du bon foin. Pour cette raison il leur donna moins d'avoine  que précédemment, comme on le voit par une lettre publique du bâtard fils de la Paynete, charreton du Seigneur, qui a reçu la dite avoine et par un témoignage et un reçu  fait le 7 avril 1344 lors du départ des roncins, qu'il a remise 244 quartaux, 1 bichet et demi d'avoine. Somme de la dépense 611 quartaux 1 bichet d'avoine à la mesure de Saint-Germain. Et ainsi, en comptant pour chaque boisseau d'avoine à la mesure de Lompnes, 8 bichettes à la mesure de Saint-Germain et pour chaque setier d'avoine à la mesure de Rossillon ou pour deux quartaux à la mesure de Saint-Rambert, 13 bichettes et demi à la mesure de Saint-Germain (car c'est la valeur que l'on trouve pour ces mesures  après les avoir échandillées), en comptant aussi pour 6 bichettes d'avoine à la mesure de Saint-Germain, un quartal à la même mesure, en faisant les déductions et les compensations dues de part et d'autre, le même bailli doit au Seigneur 17 quartaux, 1 bichet  et demi d'avoine à la mesure de Saint Germain. Il en répond dans son compte suivant de Saint-Germain et ainsi la balance est faite pour l'avoine.

Foin

Le même rend compte qu'il a reçu de lui-même (les charretées) qu'il devait en reste de son compte de la châtellenie de Saint-Germain de 1344 pour les dépenses des dits roncins XVI charrées de foin qui doivent lui être déduites de son compte (ce foin  lui a été déduit par la suite de son compte de Saint-Germain). Il a reçu d'un achat fait pour les mêmes bêtes pendant le dit temps, dont il rend compte parce que le prix figure dans les dépenses en argent ci-dessous  8 charrées de foin. Somme 24 charrées de foin. Ce foin, le même l'a donné pour les dépenses des roncins du Seigneur, faites pendant les temps énoncés dans le chapitre de l'avoine, comme il l'a dit après avoir  prêté serment, et on lui compte 3 charrées de foin par roncin et par an sur le rapport de Guillaume de Ratenelle  et du nommé Rampon qui assurent qu'un roncin qui travaille continuellement consomme trois charretées et plus de foin par an ... et ainsi la balance est faite du foin

Recette en argent

Le même rend compte qu'il a reçu pour les dits charretons et les autres travaux ci-dessous, qui devaient être payés par le seigneur Jacques de Clermont, bailli avant lui, le 2 janvier 1343 , y compris quarante florins d'or que lui paya pour le dit seigneur Jacques, le nommé Ysenave de Bourg 140 florins d'or de bon poids. Il a reçu de Jean Duclos à Bourg-en-Bresse ce qu'il devait au Seigneur pour certain accord fait avec lui la même année, le 11 mars 100 florins d'or de bon poids. Il a reçu d'Antoine Princi et du nommé Budo,  Lombards, alors maîtres de la monnaie de Pont-d'Ain, en plusieurs articles et à divers jours de la même année 1343 à partir du 5 avril 400 livres vien. éperon. Somme 400 livres vien. éperon. dont 24 deniers valent un gros et 240 florins d'or de bon poids. Dont :

Salaires des charretons

Il a payé à Antoine Pichat, gardien et maître des charretons du Seigneur, pour ses gages, prenant par jour, depuis le 3 janvier 1343 inclus jusqu'au 3 mai de la même année, à savoir pendant 17 semaines et 4 jours,  15 deniers vien. éperon. qui avaient alors cours, sur l'ordre du seigneur Jacques de Clermont, alors bailli avant lui, comme on le voit par une lettre publique de témoignage et de recette qu'il rend 7 livres 13 sols, 9 deniers vien. Il a payé à Pierre fils du clerc du Bourget, qui conduisait une des charrettes du Seigneur, pour ses gages d'une année entière et trois mois, commencés le 1 janvier 1343 et finis le 31 mars de l'année 1344. Il prit, sur l'ordre du seigneur Jacques susdit, 15 deniers par jour du 1er janvier au 3 mai comme prenait le susdit Antoine Pichat, et depuis ce jour jusqu'à la fin de l'année, il prit 10 deniers par jour seulement et du premier janvier 1344 jusqu'au dernier jour de mars, il prit la moitié d'un gros par  jour sur l'ordre du Seigneur comme on le voit par son mandement écrit qu'il remet et par la lettre publique de témoignage et de recette du dit Pierre, qu'il a remet 17 livres 15 sous, 5 deniers viennois et 3 sous 9 deniers gros tourn. Il a payé au nommé Jalliet, charreton, qui a conduit une des dites charrettes, pour ses gages d'une année entière et trois mois finis le dernier jour de mars inclus 1344, prenant chaque jour pendant une année entière 10 deniers et pendant les trois mois un demi gros par jour comme dessus, comme on le voit par une lettre publique de témoignage et de recette  du même Jalliet qu'il rend 15 livres 4 sous 2 deniers vien. Et 3 s. 9 gr. tourn. Il a payé au bâtard de la Paynete, charreton, qui a conduit une des dites charrettes, dans le même but et au même moment, prenant la même somme  comme on le voit par sa lettre publique de témoignage et de recette qu'il rend 15 livres 4 sous 2 deniers vien. Et 3 s. 9 gr. tourn. Il a payé à Morel de Blanaz, charreton, qui a travaillé de même, pour ses gages d'une année entière finie le dernier jour de décembre 1344, prenant par jour 9 deniers vien. comme on le voit par la lettre publique   de témoignage et de recette du même Morel qu'il rend 13 livres 13 sous  9 deniers vien. Il a payé à Jean de Trambeys charreton qui a travaillé de même pendant 20 semaines et 4 jours finis le 25 mai 1343, prenant par jour 10 den. vien. comme on le voit par sa lettre publique  de témoignage et de recette qu'il rend 110 sous 10 deniers vien. Il a payé à Jean Guienart, charreton, qui a remplacé le susdit Jean de Trambeys, qui a travaillé de même pendant 28 jours finis le 22 juin inclus 1343, comme on le voit par la lettre publique  de reçu qu'il rend 21 sous. Il a payé à Jean Rosset charreton, qui a vaqué à ce travail à la place de Jean Guiénard pendant 30 semaines et deux jours finis le dernier jour de décembre inclus 1343, prenant par jour 9 deniers  pendant ce temps et pendant les trois mois qui ont suivi jusqu'au 6 avril 1344, et pendant les 5 jours suivants prenant par jour  un demi gros, selon l'ordre du Seigneur, comme dessus, comme on le voit par sa lettre publique de recette, qu'il remet . 7 livres, 4 sous vien. et 3 sous 11 den. ob. gros tourn. Il a payé à Perret de Trambeys, charreton, qui a travaillé de même pendant 79 jours finis le 21 avril 1343, prenant par jour 10 den. vien. comme on le voit par sa lettre publique de recette, qu'il remet 45 sous 10 den. vien. Il a payé à Jean Sourd charreton, qui a travaillé de même pendant 169 jours finis le 22 juin  1343, prenant par jour 9 den. vien. comme on le voit par sa lettre publique de témoignage et de recette, qu'il remet 6 livres 6 sous 9 den. vien. Il a payé au nommé Copier charreton, qui a travaillé de même pendant 79 jours finis le 20 mars  1343, et au nommé Lochet, charreton qui a travaillé de même pendant une année entière finie le dernier jour de décembre 1344, prenant chacun par  jour  9 den. vien. comme on le voit par deux paires (sic) de lettres publiques  de reçu, qu'il remet 16 livres 13 sous 9 den. vien. Somme des gages ci-dessus après avoir fait la division de la monnaie selon son  cours à raison de 20 deniers pour un gros tourn. du 1er janvier jusqu'au 1er jour d'avril 1343 et par la suite à raison de 24 den. pour un gros. 41 livres 2 sous 5 deniers vien. esperon. dont 20 deniers valent 1 gros tourn. De plus 48 livres 6 sous 9 den. vien. esperon., dont 24 den. valent 1 gros tourn. Et 15 sous 2 den. ob. gros tourn. Il a payé pour l'achat d'une charrette brisée, achetée à Bourg-en-Bresse par la main de d'Antoine Pichat valet du Seigneur et maître des charrettes, pour un roncin  que Sorcel envoya pour ce travail, acheté 3 sous 10 den. et obole gros tourn et pour l'achat de 8 "surselles" et de 15 paires de  brancards achetées pour la charrette neuve  et les autres charrettes  pendant tout le  temps susdit  5 sous gros tourn. et pour l'achat d'un ( callat=?) acheté pour la dite charrette neuve,  de Guillaume de Ratenelle pour 6 den. gros tourn. 9 s. 10 den. ob. gros tourn. Il a payé au sellier de Saint-Rambert pour  les selles des roncins des charretons  et pour les munir de toile (?) pendant le dit temps 24 sous vien. dont 24 deniers valent 1 gros. Il a payé à Bertet, forgeron et au nommé Eschiotyer, maréchal de Saint-Germain pour la ferrure des 9 roncins des charretons susdits qui ont travaillé pour la dite oeuvre pendant les temps énoncés ci-dessus  dans le chapitre de l'avoine , à savoir depuis le 3 janvier 1343 jusqu'au 6 avril 1344 et ils furent tantôt 9, tantôt 8, tantôt moins comme il est dit ci-dessus pour l'avoine, à savoir pour 120 fers placés aux roncins  pendant le dit temps y compris les fers changés et cloués à l'occasion, comme on le voit par la lettre publique des dits maréchaux de témoignage et de reçu qu'il rend, y compris 10 sous vien. pour des choses achetées pour donner des soins à certains des dits roncins qui furent malades  pendant le dit temps, et il paya pour chaque fer 7 deniers vien. 9 livres 16 sous 8 den. vien des susdits. Il paya à Bertet, forgeron, pour 24 plates de fer placées "ouz eyssiouz" (aux essieux) des charrettes et 4 bandes de fer placées dans les dites charrettes pendant le dit temps 14 den. gros. Il a payé à Cristin de Bourgogne et au nommé Buyer d'Ambronay, charpentiers pour des axes, des rayons et des frettes placées dans les dites charrettes et pour (p)réparér ces charrettes plusieurs et diverses fois  pendant le temps dont il compte, comme on le voit par la lettre publique des dits charpentiers de témoignage et de reçu qu'il rend  46 sous vien. à 24. Il a payé pour 61 livres de chandelles et de suif achetées pour oindre les dites charrettes et pour préparer les roncins la nuit pendant le dit temps dont il compte, comme on le voit dans les détails 66 sous vien. à 24. Il a payé pour l'achat de 8 charretées de foin achetées pour la consommation des dits roncins comme dessus dans le chapitre du foin, chaque charretée à 18 den. gros tourn. . 12 sous gros tourn. Il a payé à André du Plâtre, bourgeois de Saint-Germain  pour la location d'une petite étable dans laquelle restèrent les roncins susdits pendant le dit temps et pour les lits des valets et pour une autre maison où était tenu le foin pour les dits roncins, louées par le seigneur Jacques de Clermont bailli avant lui, depuis le 1er novembre 1342 jusqu'à la fête de Saint Jean-Baptiste 1343, pour 5 sous 6 deniers gros tourn. et le dit Jacques en paya l'autre moitié, comme on le voit par la lettre publique du dit André de reçu qu'il rend .... 2 sous 9 den. gros. Il a payé au même André  pour la même location pour 42 semaines finies le 7 avril 1344 quand les roncins s'en allèrent, et il lui paya à raison de 8 sous gros tourn. par an comme on le voit par la lettre de reçu rendue ci-dessus .. 6 s. 1 den. ob. gros.

Taches des pierres

Il a payé aux personnes ci-dessous pour 74 toises et le quart d'une toise de murs de la grosseur de 6 pieds, bâtis avec des petites pierres, conduites d'Ambérieu à Rémens à la tâche, et il leur donna pour chaque toise 5 sous gros tourn. comme le fit le seigneur Jacques de Clermont bailli avant lui  qui commença à donner la dite tâche. Il convint de donner de telles sommes comme il est contenu dans un mémorial envoyé par lui au dit bailli. Premièrement à Guillaume Pinjon pour une toise, à Guigon Chanta de Saint-Germain pour une toise, à Guillaume Benoît de Pont-d'Ain, pour trois toises, à Guillaume Giroud d'Ambronay, pour quatre toises ; à Girard Ponsard d'Ambronay, pour trois toises ; à Jean Uffréat de Saint-Germain, pour quatre toises ; à Lyatard Pinet pour trois toises ; à Morel Vennoud pour quatre toises ; à Pierre Jordan de Torcieu pour 3 toises ; à Etienne Alagnier pour une toise ; au nommé Buatier pour quatre toises ; à Etienne Raffier de Rémens, pour une toise ;  au frère Etienne d'Epaisse, moine d'Ambronay, pour 6 toises et demi ; à Etienne  de La Rua, dit Traffey, pour 3 toises ; à Jean et Pierre Perier, pour 3 toises ; à Jean et Pierre de La Côte, pour 3 toises ; à Poncet Cherrel de Ceyzériat, pour deux toises ; au nommé Moinat d'Ambronay, pour une toise et demi  ; au nommé Revol charreton pour une toise et demi  ; à Pierre Troylliat de Pont-d'Ain, pour trois toises et quart ; à Renaud Darmes, habitant de Saint-Denis pour deux toises et demi ; au nommé Gobo de Saint-Germain pour quatre toises ; à Jean Bertin habitant de Nantua pour quatre toises; de plus à Morel Vennoud pour trois toises ; de plus à Guigon Chanta pour trois toises ; de plus à Jean Uffreat pour deux toises ;  comme on le voit par 26 lettres publiques des dits hommes de témoignage et de reçu  du dit argent, faites et signées de la main de Dom Pierre de Ramasse prêtre juré de la Cour du Seigneur, qu'il rend. Et les dites toises de pierre furent reçues au lieu de Rémens par Nicolas Guiot, tailleur de pierre, en présence du bailli, comme l'atteste,  en prêtant  serment, le dit Nicolas présent au compte 14 livres 17 sous gros tourn. Il a payé aux personnes ci-dessous pour 300 grosses pierres de taille qu'ils conduisirent à la tâche, de la perrière de Vibetes jusqu'au Molard Sarragin près de la route de Rémens, où elles furent entreposées parce qu'alors, en ce temps là, en raison des dissensions qui existaient entre les gens du Seigneur et le Dauphin, ils n'osaient pas les charrier jusqu'à Rémens, à savoir : à Jean alias Uffréat, au nommé Gobo de Saint-Germain, et Guigon Chanta, et il leur donna pour chaque cent 40 sous vien. comme on le voit par leurs lettres publiques de témoignage et de reçu qu'il rend. Et pour la location de 7 journées des charrettes qui ont travaillé à cela, prenant chacune 3 den. gros tourn., y compris 4 den. gros tourn. donnés à deux charpentiers faisant et recueillant, dans les forêts, le bois dont ils firent quatre gros tréteaux de chêne et 4 grosses pièces de chêne pour charger les dites grosses pierres sur les charrettes du Seigneur dans le dit lieu 6 livres vien. à 24 den. par gros et 2 sous 1 den. gros tourn.

Taille

Il a payé à Roux Salbil et à Martin Cantar du Tiret, qui ont découvert la perrière et extrait les membres de pierre de taille au chargeoir des charrettes, à la tâche, pour tant, comme on le voit par leur lettre publique  de témoignage et de reçu, qu'il rend 18 den. gros tourn. Il a payé aux tailleurs de pierre ci-dessous pour 1088 pieds de pierre de taille faits par eux pour les travaux de Rémens, à la tâche, et il leur donna pour chaque pied sept den. vien., à savoir : à Jean Geneveys pour 656 pieds, à Josserand et Jean Boylliat d'Ambronay pour 380 pieds, à Jean Boylliat leur neveu pour cent pieds, à Nicolas le Tailleur de pierre pour 52 pieds  et à Guillaume alias Maçon, de Varey, pour 100 pieds, comme on le voit par leurs lettres publiques de témoignages et de reçu, qu'il rend ; et ces pierres de tailles furent reçues par Nicolas Guiot, tailleur de pierre, en présence du dit bailli comme ce même tailleur de pierre présent au compte  l'atteste par son serment. Et la dite pierre de taille fut faite aux mois de février et mars 1343, 26 livres, 14 sous 8 den. vien. dont 20 deniers valent 1 gros. Il a payé à Jean Vermillon, à Cristin de Varey, à Jean de Blanaz et à Jean Sarvajat de Douvres, perriers qui ont extrait la pierre de taille susdite dans la carrière de Vibetes, à la tâche, pour tant, comme on le voit par leurs deux paires (sic) de lettres publiques de reçu et de témoignage, qu'il rend, faites au mois de février 1343, alors que 20 den. éperon. valaient un gros 12 livres 10 s. vien., dont 20 valent 1 gros.

L'oeuvre du raffour

Pour la confection et la cuisson d'un raffour de la grosseur de 24 pieds et de la profondeur ou hauteur de 48 pieds, fait et employé pour les murs du dit château de Rémens, fait par Morel le Tailleur de pierre de Pont-d'Ain et Jean de Varey son compagnon, selon la tâche qui lui fut donnée par le seigneur Jacques de Clermont susdit, pour 50 sous gros tourn., un quartal de froment, un setier de vin et un vêtement convenable pour le dit Morel, et les bois d'appui et les autres bois nécessaires pour cuire le raffour devaient lui être fournis aux frais du Seigneur comme il avait été convenu lors de la dite tâche, comme on le voit par la lettre publique de la dite tâche faite par Jean de Rampon, le 5 novembre 1342, qu'il rend. Pour 20 sommées de verges achetées pour clore le dit raffour d'une palissade, outre 20 sommées qu'avait fait faire et qu'avait payées le susdit Jacques, 10 sous vien. Pour le louage  de 30 journées des hommes qui ont scié, dans le bois Del Devens (Du Devent), les appuis du dit raffour, en février 1343. Et pour les salaires de 4 hommes qui ont préparé le chemin pour amener les appuis dans le raffour. Et pour les 170 journées des hommes qui ont scié dans le bois susdit les gros bois nécessaires pour cuire le dit raffour  et qui les ont tirés  dans le lieu où les chars pouvaient être chargés ainsi que les charrettes, au mois de mars de l'année susdite,  prenant chacun 12 deniers, et le susdit seigneur Jacques fit couper les petits bois à savoir 22 mille fagots employés pour ce même raffour, selon une tâche payée par lui comme il le dit. Pour la location de 32 journées des charrettes qui ont apporté les dits bois depuis le bois jusqu'au raffour avec les charrettes du Seigneur qui ont charrié aussi pendant huit jours,  prenant chacune 5 sous vien. par jour, comme on le voit dans les détails et pour l'achat de quatre charretées de bois secs achetées (pro compreysia) pour mettre le feu dans le raffour, chaque charrée à 5 sous vien., y compris quatre sous vien. donnés à un homme qui a gardé le dit raffour après sa cuisson pendant quatre jours, de peur que le feu ne prenne dans les haies (clôtures?) ; et ces travaux furent faits au mois de février et mars alors que 20 den. éperon. valaient un gros 19 livres 18 sous vien. à 20 den. le gros. Il a payé aux susdits Morel raffournier les 50 sous gros tournois qu'il avait été convenu de lui donner pour la tâche du dit raffour comme ci-dessus,  sur les quels il perçut du susdit Jacques 21 sous gros tourn. et les 29 sous restants, c'est le dit Pierre qui les lui paya ; dans cette somme sont compris 12 deniers gros tournois pour un quartal de froment, 8 deniers gros tournois pour un setier de vin et 2 sous, 6 deniers gros tournois, pour un habit qui lui a été donné comme convenu ci-dessus, y compris aussi 6 livres vien. éperon. qui lui furent données de grâce spéciale par le Seigneur qui était alors le Comte Aymon, comme on le voit par sa lettre de mandement donnée à Pont-d'Ain le 20 avril 1343 publique du dit Morel, comme on le voit aussi par sa lettre publique de témoignage et de reçu, datée du 3 mai de l'année  susdite qu'il rend, y compris aussi 12 deniers gros tournois donnés au raffournier et à ceux qui ont travaillé avec lui  pour mettre le feu dans le raffour, pour leur vin, et 12 deniers gros tournois donnés sur l'ordre du susdit seigneur Comte à ce qu'il dit, aux pauvres du Christ car c'est le jeudi saint que le feu fut mis dans le raffour 6 livres vien. à 24 deniers le gros et  35 sous 2 deniers gros tournois. Il a payé à Jean Darmies qui a fait l'édifice de la maison du dit raffour, pour le couvrir et qui l'a couverte, à la tâche, pour 41 sous vien., y compris 25 sous vien. pour 12 charrées de clueys (claies) achetées et employées pour ce travail et 9 sous vien. donnés à Martin Cantar qui a nettoyé le dit raffour au dessus après la cuisson, de la terre et des pierres crues, à la tâche, pour tant 70 s. vien. à 24 den. le gros. Il a payé pour les dépenses de deux roncins rendus au Seigneur des dits roncins, à Saint-Georges, et celles des deux valets qui les ont conduits et celles des quatre roncins rendus du Seigneur au Bourget et celles des trois valets qui les ont conduits, comme on le voit par deux paires de lettres du Seigneur, de témoignage et de reçu pour les dits roncins, lettres qui demandaient que les dépenses soient payées 20 s. vien. à 24 den. le gros. Il a payé à Pierre Moine, receveur du présent compte pour son salaire pour les cinq jours qu'il a passés à la réception de ce présent compte, y compris son retour vers Chambéry et la location d'un roncin qu'il a chevauché pour s'en retourner 18 den. gros tourn.

Somme des dépenses et des paiements :

100 livres 5 s. 1 den. vien. éperon. à 20 den. le gros tourn..

102 livres 9 sous 5 den. vien. éperon. à 24 den. le gros tourn. et 19 livres 4 sous 4 den. ob. gros tourn.  et ainsi après avoir changé et converti les vien. éperon. de la recette et de la dépense en gros tournois selon les valeurs déclarées ci-dessus, après avoir converti aussi les florins en gros tournois, en comptant chaque florin pour 12 denier et ob. gros tourn. car c'était ainsi le cours, toutes déductions faites encore de part et d'autre, le bailli doit au Seigneur 13 sous 4 den. gros tournois, dont il répond dans son compte de la châtellenie de saint-Germain fini le 3 avril exclus 1346 et ainsi l'équilibre est fait du reste de l'argent susdit. De plus il doit comme dessus 17 quartaux 1 bichet et demi d'avoine. Il en répond dans son compte de la châtellenie de Saint-Germain et ainsi l'équilibre est fait de l'avoine. Et il faut savoir que des 9 charrettes ferrées avec leurs garnitures que le Seigneur a employées dans ce travail, le bailli a remis à Hugues de La Taverne châtelain de Mont-Clair (Clermont), sur l'ordre du Conseil du Seigneur, comme on le voit par sa lettre et par le reçu du dit Hugues, qu'il remet : la garniture d'une charrette. De plus il a donné au Seigneur à Pont-d'Ain,  comme on le voit par le reçu du Seigneur  de janvier 1346, qu'il montre 2 roues ferrées de charrettes. De plus il dit que toutes les charrettes furent prises et détruites par les gens du Dauphin et jetées dans l'eau et perdues. Il a par devers lui quelques charrettes et garnitures et il les garde pour le Seigneur. Il dit cependant qu'elle ont peu de valeur.

 

 

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