Les conscrits : une étape de citoyenneté

Publié le par Société d'Emulation de l'Ain

Le 28 mai 1996, le Président de la République suspend le service militaire obligatoire. Pendant la majeure partie des XIXe et XXe siècles, la conscription régie la vie des jeunes français. C’est la loi Jourdan qui l’institue en 1798. Ce n'est qu'à partir de 1905 que le principe du service obligatoire et universel est appliqué. Il devient un moment important, véritable rite de passage, dans la vie de plusieurs générations de jeunes et un aspect essentiel du modèle français d'intégration et de citoyenneté. « La patrie est une religion qui n’a pas de dissidents » déclare Jules Ferry en 1881. L’armée entre dans le paysage familier des français et représente un fait social majeur. Jusqu’aux années 1950, ce rite initiatique laïc dans la vie des conscrits est un facteur d’intégration, de socialisation et de brassage, permettant entre autres de sortir du milieu familial et de travail. Parallèlement, le service a aussi sa culture propre (fêtes des conscrits, mixtes, dès 1950, dans le Revermont) et ses habitudes. « En même temps qu’il est une grande école patriotique, le régiment est une grande école républicaine» écrit Jean Jaurès en 1887. A Bourg, dès 1800, des italiens sont enrégimentés, en 1927 Belley et Bourg accueillent les conscrits marocains du 5e RTM puis après guerre, le 1er RTM. Alain Mimoun, conscrit d’Oran mobilisé au 8e génie en 1940, fait ses premières courses à pied à Bourg, tandis qu’en 1801, le premier mameluck de l’armée impériale est un natif d’Ambronay. Les conscrits sont le reliquat festif de la conscription qui intègre les français de toutes conditions, religions et origines sans distinctions aucunes.

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