l'affouage dans l'Ain au XIXe

Publié le par Yann Cruiziat

L’AFFOUAGE

Par Yann Cruiziat, sociétaire,

Professeur au Lycée de la Plaine de l’Ain à Ambérieu,

Professeur au Service Educatif des Archives Départementales de l’Ain

 Après la Révolution française, les communes forestières purent délivrer à leurs habitants « l’affouage », c’est-à-dire une partie du bois provenant de leurs coupes dites ordinaires (surtout les hêtres appelés “ fayards ”). Il s’agit d’une survivance des droits d’usage ancestraux qui permettaient aux habitants de se servir de tout le bois nécessaire pour  leur chauffage, leur clôture ou leur habitation dans les forêts souvent seigneuriales.

 

L’affouage était réglementé. Chaque année étaient inscrits, au rôle d'affouages, tous les chefs de famille installés dans la commune depuis plus d'un an et un jour. Ceux-ci ne recevaient leur lot (par tirage au sort) qu'après avoir payé une taxe fixée par le conseil municipal. Tous devaient effectuer les travaux d'abattage, de façonnage et d’enlèvement des bois sous la surveillance d'un entrepreneur "salarié", responsable de la coupe. Celui-ci devait faire avec les affouagistes le partage sur pied.

Il existait deux types de bois d'affouages : le bois de chauffage et le bois d'œuvre. Ce dernier était destiné à réparer les bâtiments mais la plupart des affouagistes le vendaient pour se faire quelques revenus. Les distributions affouagères constituaient une partie assez importante des ressources de chaque famille. Souvent la valeur des lots était dépensée à l'avance par les bénéficiaires. Pour cette raison, les élus tenaient beaucoup à la modération de la taxe d’affouage. Au début du XX° siècle, les conseils municipaux transformèrent, cet affouage pour le bois d’œuvre en “ affouage argent ”. L’exploitation était alors sous la responsabilité de la municipalité qui répartissait entre les habitants, l’argent obtenu lors de la vente de ces bois. Quelques décennies plus tard, cet “ affouage argent ” fut supprimé. Ainsi, seul subsiste encore de nos jours, dans les communes forestières, l’affouage pour le bois de chauffage. 

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